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LE MOT DU DOCTEUR CROMBEZ

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L’Approche ECHO est une méthode d’intervention psychosomatique dispensée sous la forme d’apprentissages à court terme. Elle est indiquée pour les personnes qui sont submergées par des événements divers allant des maladies à des agressions, qui se sentent en détresse, plongées dans des symptômes chroniques et douloureux. Elle s’adresse à ce que nous pouvons définir par le mal-être, qui peut s’exprimer par diverses plaintes et somatisations, qui peut se solder par des pathologies psychologiques et physiologiques plus graves.

 

Ce mal-être a été nommé de plusieurs façons dans la littérature : détresse (Selye), inhibition de l’action (Laborit), pensée opératoire (Marty et de M’Uzan), alexithymie (Sifnéos). Il peut originer de plusieurs sources : vulnérabilités génétiques, carences originaires (hospitalisme), traumatismes antérieurs, gravité des événements, chronicisation des pathologies, multiplicité des examens et des traitements, limites et complications des interventions. Il est accentué par les impasses (absence de choix, de solutions), les doutes (causes inconnues, diagnostics incertains, pronostics imprécis, issue fatale éventuelle) et les isolements (déprivation sensorielle, rupture de liens). Il a pour conséquences des effets psychologiques (détresse, giving up-given up, désespoir) et physiologiques (détérioration de fonctions biologiques, par exemple endocriniennes et immunitaires). Son impact sur l’apparition ou l’aggravation des maladies peut être évoqué ; il est par contre moins évident expérimentalement.

 

Il est donc important d’adresser ce mal-être conjointement aux interventions sur la maladie : cela améliore la qualité de vie, augmente la compliance aux traitements, harmonise les relations intervenants-patients, diminue peut-être les complications et les coûts d’hospitalisation (appel aux services, durée).


L’Approche ECHO :

    * porte attention à la personne. Le patient est souvent réduit par lui-même, par les circonstances et par les soignants à la réalité de sa maladie. Il n’est plus qu’un malade relativement acceptant et soumis qui doit se conformer aux contraintes de la maladie, des examens et des traitements parfois sans savoir, souvent sans comprendre. Il est important de proposer de lui reconnaître une existence de sujet, de lui redonner une parole. ECHO remet la personne au centre de l’événement, c’est-à-dire primordialement digne de souci et d’intérêt, et repositionne la maladie comme périphérique, ce qui ne veut pas dire sans intérêt.

    * porte attention à l’aspect subjectif de la réalité vécue par la personne. La maladie, les diagnostics, les interventions sont parfois considérés comme évidents par les intervenants ; mais les patients en ont souvent des perceptions fort différentes que celles prouvées scientifiquement. Or leurs pensées, leurs émotions et leurs actions se fondent précisément sur cette réalité intérieure subjective. Celle-ci est le fruit de conditionnements, de systèmes de croyance, d’influences culturelles, de traces de leur histoire.

    * met en scène la réalité subjective. Beaucoup de techniques thérapeutiques utilisent une mise en scène du vécu intérieur de façon explicite ou implicite. Les psychothérapies verbales analytiques, cognitives ou humanistes invitent à des représentations d’idées, d’émotions, de souvenirs et à les questionner, à les critiquer, à les contempler. Les psychothérapies corporelles favorisent des représentations et des mouvements corporels pour les soutenir, les amplifier, les libérer. L’Approche ECHO dans le sillage de ces intelligences propose d’ouvrir un espace intérieur comme le serait un terrain de jeu, un lieu transitionnel de représentation.

    * crée une ambiance de travail concret. Les personnes considèrent et perçoivent souvent le vécu subjectif comme flou, vague, abstrait, inabordable et non appréhendable. Elles se trouvent et se retrouvent impuissantes. Ce qui les attire souvent dans les différentes médecines, c’est le pouvoir qu’elles ont, à partir de malaises polymorphes, fluctuants, intraduisibles, de nommer des vérités, de donner des explications précises, de permettre des délimitations réductrices. Il est donc important pour penser travailler intérieurement de développer un champ intérieur où se côtoient des impressions, des pensées, des sensations, des perceptions, des idées, des souvenirs comme autant d’objets subjectivement concrets. Cela redonne à la personne une impression d’évidence et un sentiment d’assurance.

    * permet une transformation de cette réalité. Un des buts de toute thérapie, si ce n’est le seul, est d’initier des changements. Ce peut être orienté vers des modifications de comportements, de croyances, de perceptions ; de toute façon tout cela se produit en même temps par intussusception. Dans ce domaine, le subjectif (ce que l’on vit) et l’objectif (ce que l’on fait) sont reliés, si bien que l’un et l’autre se modifient naturellement. L’idée de l’Approche ECHO est donc de réaliser des changements dans la réalité intérieure pour entraîner des résultats dans la réalité extérieure, corporelle, comportementale et mentale. Il s’agit donc d’une mise en jeu en fonction des objectifs de la personne qui se met ainsi en action par rapport à elle-même. Elle y reprend du pouvoir et de la confiance.


L’Approche ECHO se dispense par une méthode transmise dans une durée limitée sous la forme d’un apprentissage.

    * Les principes de mise en valeur de la personne, de maîtrise de l’événement, d’échappée du mal-être, d’activation de résultats ne peuvent être transmis simplement par le discours magistral. Il a fallu construire un mode d’apprentissage dans lequel les personnes s’entraînent à maîtriser les divers submergements provoqués par les événements, à reprendre l’initiative des situations et à les infléchir à l’avantage de leur existence.

    * Une certaine philosophie des techniques thérapeutiques tient en compte les différents états de conscience et utilise l’induction hypnotique comme moyen de rejoindre des états de conscience subliminaux par des méthodes d’hypnose plus ou moins directives et plus ou moins orientées (en fait, au cours des années, de moins en moins directives - états de transe, sophrologie, méthode éricksonnienne - et de moins en moins orientées - hypnose classique, relaxations, méditations -. La méthode en ECHO favorise le cheminement de la personne à travers ces états de conscience sous son contrôle et sans privilégier l’un ou l’autre dans leur succession ou leur importance.

    * Dans les interventions psychologiques il y a une part d’efficacité reliée à la relation et à son utilisation dans le travail de transformation. Il y a une autre part qui tient à l’acquisition d’aptitudes à travers le modeling de l’intervenant et le transfert de compétences. L’Approche ECHO s’est employée à spécifier des dispositifs propices à la mise en oeuvre de processus de changement et à définir des attitudes particulières qui les favorisent. Cela a abouti à la construction d’une méthode d’apprentissage simple et précise, opérationnalisée autour de l’acquisition d’outils facilement accessibles, transmissibles et utilisables.

 

    * Quand ils sont relativement clarifiés quant à leurs objectifs, quand ils mettent la personne au centre de ses processus de changement quant à leurs motivations, leurs objectifs, leurs rythmes et leurs idiosyncrasies, les changements sont relativement rapides, la satisfaction généralement bonne et la rétention souvent excellente. Il arrive que les personnes jugent nécessaire un deuxième cycle et il est rare qu’elles souhaitent compléter l’apprentissage par une phase de psychothérapie.

L’Approche ECHO peut se présenter sous différentes formes :

    * Classiquement les apprentissages en ECHO se donnent en une quinzaine d’heures réparties en blocs de une à trois heures par semaine. Ils peuvent se réaliser sous la forme de groupes de 6 à 15 personnes, sous celle de petits ensembles de 2 à 3 personnes, ou sous une forme individuelle. Les personnes sont choisies et rassemblées à cause de leur demande, et non en fonction de diagnostics. Depuis des années le protocole inclut des questionnaires au début et à la fin des apprentissages. Récemment nous avons voulu quantifier les résultats et, avec le support du groupe de recherche du Département de Psychiatrie de l’Université de Montréal, nous avons choisi un test qui semblait pertinent pour nos besoins.

    * Parfois, lorsque les demandes proviennent d’un organisme (SEP, Fibromyalgie, par exemple) ou lorsque les apprentissages sont donnés dans des lieux de services, des formules différentes sont utilisées : maladies communes, groupes ouverts. Ainsi, la Polyclinique Médicale Populaire a sollicité notre participation dans l’utilisation de la méthode Echo dans le domaine de la douleur et de l’invalidité.

    * Plus récemment une approche par entrevues uniques a été mise au point pour des patients pris en charge et suivis par des intervenants dans les domaines de la santé mentale ou physique. Cette formule se double d’un travail de recherche, également amorcé au CHUM.

 

 

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